Gabriel Attal 2027 : ses positions sur l'école, le travail et la sécurité
Candidat déclaré le 22 mai 2026, le patron de Renaissance construit sa campagne autour de l'école, du travail et de l'autorité. Son programme n'est pas officialisé : voici les positions déjà exprimées, datées et sourcées.
Une candidature déclarée, un programme en construction
Gabriel Attal a annoncé sa candidature à la présidentielle le 22 mai 2026, depuis Mur-de-Barrez (Aveyron). Ancien Premier ministre (janvier–septembre 2024) et président du groupe Renaissance à l'Assemblée, il aurait 38 ans au moment du scrutin. Son premier meeting de campagne s'est tenu le 30 mai 2026 à Paris, Porte de Versailles.
Il structure son discours autour de quatre priorités affichées : l'école, les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle. Sur ce dernier point, il propose un plan visant à former 20 millions de salariés à l'IA en cinq ans. Ces axes ont été détaillés par vagues (propositions du 30 avril 2026, meeting du 30 mai, séquence « école » de juillet 2026) et ne constituent pas encore un programme finalisé.
École et jeunesse : le « choc des savoirs » comme socle
L'école est le thème central de sa candidature, revendiqué comme « mon combat ». Attal entend prolonger les mesures engagées comme ministre de l'Éducation nationale (juillet 2023–janvier 2024), regroupées sous le label « choc des savoirs ». Les positions exprimées incluent :
- le retour des groupes de niveau en mathématiques et en français au collège ;
- le dernier mot à l'équipe enseignante, et non aux familles, sur le redoublement ;
- le renforcement de l'exigence au brevet et au baccalauréat ;
- le rétablissement de « l'autorité du professeur ».
Sur le harcèlement scolaire, il a lancé le 6 novembre 2024 l'association Faire Face, qu'il copréside, destinée à fédérer les acteurs de la lutte contre le harcèlement, former les personnels et accompagner les victimes.
Concernant les écrans, une distinction s'impose. La majorité numérique à 15 ans (accord parental requis en dessous) résulte de la loi Marcangeli de 2023. Le texte plus récent, adopté en première lecture à l'Assemblée dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, vise à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans avec suspension des comptes existants ; il est porté par la députée Laure Miller (Ensemble pour la République), Attal en étant deuxième signataire et soutien actif. Une entrée en vigueur au 1er septembre 2026 était envisagée, sous réserve de la navette parlementaire.
Travail, emploi et salaires
Le 30 avril 2026, Attal a dévoilé une série de mesures économiques orientées vers la présidentielle :
- une semaine de quatre jours sans réduction du temps de travail, « là où c'est possible et concerté » ;
- un « choc » sur les salaires chiffré à 40 milliards d'euros, via une logique de rapprochement du net vers le brut, présentée comme « quasiment un 13e mois pour tous » ;
- la suppression du plafond des 220 heures supplémentaires annuelles ;
- un nouveau code du travail.
Ces propositions prolongent une ligne assumée pendant son passage à Matignon. La réforme de l'assurance chômage qu'il portait en 2024 visait, selon le chiffrage du ministère du Travail (mai 2024), 3,6 milliards d'euros d'économies pour l'Unédic et environ 90 000 retours à l'emploi. Elle a été suspendue avant application, dans le contexte de la dissolution.
Côté finances publiques, il a fixé un cap de « zéro déficit en 2037 », présenté comme horizon de rétablissement des comptes.
Sécurité et autorité : le revers de la « loi Attal »
Attal cultive une posture de fermeté sur la sécurité, l'immigration (quotas) et l'autorité de la justice. Son texte emblématique, la proposition de loi « renforçant l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents » (dite « loi Attal »), a toutefois été largement censurée par le Conseil constitutionnel le 19 juin 2025.
- La dérogation à l'excuse de minorité (fin de l'atténuation automatique de peine pour les mineurs) a été censurée.
- L'extension de la comparution immédiate aux mineurs de 16 ans a été censurée.
- Seule la disposition sur la responsabilité pénale renforcée des parents (subordonnée à la preuve d'un manquement volontaire à leurs obligations ayant directement causé les infractions du mineur) a été validée.
Le Conseil constitutionnel a censuré six articles — dont les dispositions phares — et n'en a validé que trois parmi ceux examinés. Le volet répressif emblématique du texte n'est donc pas en vigueur.
Héritage et rupture avec le macronisme
Attal se présente à la fois comme héritier et comme point de bascule. Il considère le quinquennat d'Emmanuel Macron comme « terminé » au plan national et cherche à reconquérir un électorat de centre. Emmanuel Macron n'étant pas rééligible (article 6 de la Constitution), la question de la relève du macronisme structure sa stratégie.
Sa ligne combine une fermeté affichée sur la sécurité et l'immigration avec un positionnement social sur le travail et les salaires. Les relations personnelles avec le chef de l'État se sont distendues depuis la dissolution de 2024, ce qui alimente le récit d'un « héritier » prenant ses distances. Face à lui, plusieurs candidats sont déjà déclarés : Marine Le Pen (RN, déclarée le 7 juillet 2026, avec Jordan Bardella annoncé comme Premier ministre), Bruno Retailleau (LR), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Édouard Philippe (Horizons), Marine Tondelier et Ségolène Royal.
Questions fréquentes
Gabriel Attal a-t-il un programme présidentiel officiel ?
Non. À la mi-2026, Gabriel Attal a déclaré sa candidature (22 mai 2026) et exposé des propositions par thème, mais aucun programme complet et officialisé n'a été publié. Les éléments connus proviennent de déclarations, de textes déposés au Parlement et de son bilan ministériel.
Que prévoyait sa réforme de l'assurance chômage de 2024 ?
Le chiffrage du ministère du Travail (mai 2024) visait 3,6 milliards d'euros d'économies pour l'Unédic et environ 90 000 retours à l'emploi, via un durcissement des conditions d'accès. La réforme a été suspendue avant son application dans le contexte de la dissolution.
La « loi Attal » sur les mineurs délinquants est-elle appliquée ?
En grande partie non. Le Conseil constitutionnel a censuré le 19 juin 2025 ses dispositions phares, dont la fin de l'excuse de minorité et l'extension de la comparution immédiate. Seule la responsabilité pénale renforcée des parents a été validée.
Qui porte l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?
La proposition de loi adoptée en première lecture les 26-27 janvier 2026 est portée par la députée Laure Miller (Ensemble pour la République), Gabriel Attal en étant soutien et deuxième signataire. Elle est distincte de la majorité numérique à 15 ans instaurée par la loi Marcangeli de 2023.
Sources : france24.com · cnews.fr · cnews.fr · lcp.fr · franceinfo.fr · publicsenat.fr · franceinfo.fr · franceinfo.fr · franceinfo.fr · cnews.fr